[ RP Gotha/ Ségna] La couleur de la nuit.

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[ RP Gotha/ Ségna] La couleur de la nuit.

Message par ségna le Mar 28 Aoû - 12:08

Rouge, noir, rouge, noir, rouge, noir, rouge…

Ce mouvement permanent m'apaisait, me calmait et me coupait du monde. Il n'y avait rien de tel que d'enfiler des perles sur un fil pour que le reste disparaisse, pour oublier les agissements des humains et les problèmes de notre société qui tombait en décadence.

Noir, rouge, noir, rouge, noir, rouge, noir…

Deux heures que j'enfilais des perles sur ces fils, puis, qu'ayant obtenue une longueur suffisante, je les tressais avec d'autre avant de les coudres sur mon nouveau tee-shirt. Deux heures de travaille minutieux, sans interruptions. Deux heures a s'user les yeux à cause de la lumière, à peine suffisante de mon minuscule studio. Deux heures de pur bonheur.

Rouge, noir, rouge, noir, rouge, noir, rouge…

Autour de moi, le silence s'était installé. Il y avait bien longtemps que je ne travaillai plus en musique et Delhi, autour de moi, semblait s'être tue. Tant mieux, j'aimais la musique, qui me transportait mais j'aimais aussi le silence. Il portait tellement de chose en lui, tellement de mots, de sentiments et de peurs. J'aimais le silence pour tout ce qu'il donnait, pour tout ce qu'il avait à offrir, pour ce qu'il avait à prendre aussi.

Noir, rouge, noir, rouge,...

Vide.

Le bol qui avait jusqu'à maintenant contenue des perles noirs était complètement vide et le rouge en prenait pareillement le chemin. Par Ishi, j'avais mal calculer mon coup. Et il ne me restait que peu de temps avant que le petit supermarché de Delhi ne ferme ses portes. Heureusement, les perles que j'utilisais se trouvaient facilement et je n'aurais donc pas à attendre demain pour aller à Hong-Kong. Je devais, en revanche, me dépêcher, je n'avais plus beaucoup de temps.

Alors, enfilant manteau et chaussures, je remplis ma sacoche de tout ce qui pourrait me servir: portefeuille, clés, mouchoir, carnet, stylo, quelque billets… puis sortie. Avant de m'arrêter sec. Il pleuvait averse. Un instant, je fus tentée de faire demi-tour pour prendre un parapluie. Rapidement, cependant, je me ravisais. Ce n'étais pas quelque gouttes de pluies qui allait me tué et puis, plus que cela, j'aimais la pluie. Alors, sans attendre plus longtemps, je repris ma route, sentant avec bonheur les gouttes d'eau s'écraser sur ma tête, rouler sur mon visage pour aller se perdre sur les pavées de la ruelles que je venais d'emprunter. Si elle était plutôt sombre, ladite ruelle avait l'immense avantage de me permettre d'éviter les beaux quartiers, et donc un détour considérable. Toutefois, la pluie et la nuit qui commençait à tomber diminuait grandement la visibilité.

Je ne le vie  donc pas arriver, pas plus que je ne l'entendis, à cause du bruit des gouttes d'eaux sur la pierre. Seul une petite voix en moi ( que j'avais déjà entendue des dizaines de fois sans réussir à en discerner l'origine), me criant de faire attention, me permit de le prendre la main dans la sacoche. Littéralement. Alors, sans attendre, je lui attrapa le poignée, tentant ainsi de l'immobiliser, sans même penser au conséquence. Il était discret. Si personne ne m'avais prévenue, si je n'étais pas de nature aussi méfiante, j'aurai cru à un coup de vent et ne me serai rendue compte de rien avant l'arrivé au magasin. Il était lâche aussi. Attaquer une jeune fille dans une ruelle déserte n'était décidément pas une marque de courage. Attaquer qui que ce soit, voler de quelque manière que ce soit ne l'était pas plus d'ailleurs. Travailler, se lever tout les jours pour gagner sa vie honnêtement, tout en étant soi même, voila qui est courageux. Somme toute, ces principes était plutôt simple mais malheureusement pour la planète, peu de gens était capable de les respecter. Il n'y avait qu'a voir les individus qui détruisaient les forêts sans aucun état d'âme. Ils étaient méprisable, tout simplement et c'était ce genre de personne qui faisait perdre foi en l'Homme. C'était des ordures, des gens qui ne méritait pas la moindre compassion ( d'autant plus que la compassion n'avait jamais été un de mes traits de caractère) tout comme l'individu qui avait tenté de me voler.
Alors, tandis que je me retournais afin de voire mon agresseur en face, ma voix fusa, froide comme la pluie qui continuait à tomber, plus inflexible que la pierre :

Tss, ne me touche pas !
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Re: [ RP Gotha/ Ségna] La couleur de la nuit.

Message par Elie le Sam 1 Sep - 17:33

Il détestait la pluie.

La nuit tombée, la pluie battante, une protection inexistante, la plupart des gens penseraient à rentrer chez eux. Lui, ne pouvait que penser à se trouver un abri, et peut-être quelques innocentes personnes trop occupées par le mauvais temps pour faire attention à leurs effets personnels. Voler un parapluie serait inutile à ce stade, sa veste étant déjà lourde du poids de l’eau : A contrario, s’approprier un blouson en cuir ne serait pas une mauvaise idée pour les jours de grisaille. Il ne pensait pas à l’imperméable, s’offrant le luxe de choisir son style vestimentaire en transformant la ville en un immense magasin. Oui, un grand magasin où il pouvait librement se servir.

Mais l’idée alléchante de traumatiser quelques passants ne lui faisait pas oublier à quel point il détestait la pluie.

Être trempé jusqu’aux os, l’odeur désagréable de l’humidité, les risques de tomber malade, la sensation des vêtements collants à la peau, jusqu’au vacarme incessant des millions de gouttelettes s’écrasant sur le sol… Oui, il n’y avait vraiment rien d’agréable à sortir un jour de pluie. C’était le temps idéal pour fureter dans un bar, voir même se payer le luxe d’une nuit dans un motel, mais certainement pas se balader dehors. Un motel... Oui, après tout, pourquoi pas, les montres ou autres bijoux volés le lui permettaient largement.

Mais quitte à passer une bonne nuit, autant ne pas faire les choses à moitié, n’est-ce pas ? Quelques billets en plus ne le rendraient pas coupable de trop dépenser pour un bon repas. Il ne lui fallait rien de plus que de se cacher d’une capuche pour devenir un prédateur, observant sans qu’on ne le voit, comme s’il traquait sa proie derrière des fourrés. La ville était son domaine, le lieu où il avait tout les droits, et même la pluie ne l’arrêterait pas.

Là, dans cette petite ruelle, une jeune femme semblant se moquer de la pluie et avec un trésor prometteur, un sac facile à ouvrir. Gotha n’avait qu’à se servir. Il s’approcha, doucement, silencieusement, marchant comme si de rien n’était, et avec son agilité naturelle, plongea une main furtive et assez experte pour reconnaître son oseille au premier contact. Un porte-monnaie entre deux doigts, des mouchoirs entre deux autres, il n’avait plus qu’à ranger sa main dans sa poche et…

Un contact. Inattendu. Pris la main dans le sac, n’est-ce pas ? La jeune femme, une étudiante sûrement, ne cria même pas au voleur. Elle lui tenait le poignet avec un calme surprenant, affichant plus du dégoût que de la surprise, et tentant de percer son regard derrière l’ombre portée de sa capuche. Il eut un froncement de sourcil face à cette froideur, visible même dans son regard à la couleur étrange. Pas de cri d’alerte pour la police cette fois-ci ? Encore que, sous cette pluie battante, qui entendrait le moindre bruit de détresse ? Ma foi, une réaction inattendue mais bien avantageuse pour lui. Cette nuit, il la passerait dans un motel douillet, pas en cellule.

Nullement impressionné par la poigne de sa victime, il fit passer son butin dans son autre main, rangeant le tout dans sa poche (sous les yeux de Miss yeux violets oui), inversant la tendance en lui saisissant à son tour le poignet, de manière brusque mais sans serrer trop violemment : Si son poignet restait rouge, elle aurait des preuves qu’il avait usé de violence. Mais, la considérant comme une simple étudiante qui n’avait juste pas froid aux yeux mais sans plus de jugeote que les autres adolescents, il s’autorisa quelques moqueries, parlant assez fort pour masquer le vacarme de la pluie :

« Ne pas te toucher, miss ? Ha, mais c’est toi qui m’a attrapé le poignet la première. Là, on peut dire que je me défend d’une agression. Passe ton chemin et je dirais rien aux flics. »

Il avait un sourire goguenard, les cheveux toujours camouflés par la capuche. Ils savaient tout deux de quoi il était coupable, c’était certain, mais Gotha comptait bien sur son air intimidant pour la faire partir sans chercher plus d’histoire. Elle était déjà trempée par la pluie, qu’est-ce que la perte d’un porte-feuille pouvait bien faire de plus dur pour le moral d’une jeune fille ? Elle ferait avec, Gotha n’avait aucune conscience morale à ce sujet.

Il serait tout de même préférable de ne pas s’éterniser dans cette ruelle : Plus que la peur de la police, c’était surtout le désir de trouver un endroit sec. Il détestait la pluie.


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Re: [ RP Gotha/ Ségna] La couleur de la nuit.

Message par ségna le Jeu 27 Déc - 17:00

Je ne pus retenir un sourire ironique face à sa réplique. Il pensait réellement m'intimider de cette manière ? Il en fallait plus pour me faire peur. Des jeunes voleurs avec de la répartie, je suis certaine que cela ne manquait pas dans la rue. Qu'il me tienne le poignet et me menace à demi-mot ne changeait strictement rien. Je ne "passerai pas mon chemin" alors qu'il avait encore en poche certaine de mes affaires, c'était hors de question. Je ne savais pas exactement ce qu'il avait pris dans mon sac mais au fond quel importance? Qu'il m'ait pris mes mouchoirs, mon porte-feuille ou mes clés, cela m'indifférait complétement. Il n'était pas question qu'il s'en sorte ainsi. Alors certes je ne pensais pas pouvoir battre quelqu'un qui faisait une bonne tête de plus que moi et devait avoir appris à se battre dans la rue mais je n'allais pas abandonner pour autant.

Il était orgueilleux, cela se voyait dans la lueur de défi qui brillait dans ses yeux, qui se mêlait avec l'amusement, je semblais n'être pour lui qu'une gamine une peu farouche, et avoir un fort besoin de montrer qu'il était le plus fort, après tout il tenait toujours mon poignet. Il était plutôt pathétique pour tout dire. Non pas à cause de sa veste tremper tout autant que son pantalon ni même parce qu'il ne semblait pas s'être changer depuis quelque jour mais bien à cause de sa lâcheté et de ce désir de gagner à tout prix. Pour ce dernier point, je le comprenais, jusqu'à un certain point, je n'aimais pas perdre non plus, qui aimait ça ? Et j'étais pratiquement sur que, si je le laissais partir avec mes affaires, j'aurais perdu. Dès lors, mon orgueil mal placé se rajouta à l'équation et je me retrouvais bien décidée à reprendre mon bien. Et seul. Il était hors de question que j'appelle qui que ce soit. C'était entre moi et lui. Je ne savais alors pas si c'était ma fierté ou mes principes de vie qui parlaient mais je savais dès lors que, même si je le pouvais, je ne demanderai pas de l'aide. Mon cerveau se mis alors à carburer de plus en plus vite, sans que je quitte des yeux ceux du jeune délinquant. L'approche physique n'avait jamais été mon fort. J'étais bien capable foutre mon poing dans la tête de quelqu'un mais ne savait pas me battre à proprement parlé. L'approche oral en général me convenais bien mieux. D'après oba-chan j'étais née avec un marteau en guise de langue. J'avais toujours trouvé cette comparaison surprenante. Je n'assommais personne, je leur disais simplement des vérités qu'ils ne voulaient pas entendre, tout enfermés qu'ils étaient dans leurs petits mondes étriqués. En revanche quand certains de mes camarades me traitait de langue de vipère, je comprenais d'avantage l'analogie. Les vipères sont des animaux fascinant. Elles ne tuent pratiquement jamais mais peuvent être toxique et surtout elle te surprennent dans ton sommeil, quand tu t'y attend le moins, ce qui a tendance à me plaire. Ces animaux méritaient de vivre quoi qu'en disent certain. C'était pour eux et pour toute les créatures de la forêt que je me battais. Je n'étais pas particulièrement présente sur le terrain, préférant mettre au point les stratégies et plus encore harceler ces pauvres fonctionnaires qui ne faisaient que leur travails, de lettres prônant l'arrêt de ces projets de destruction et indiquant que tous méritant de vivre malgré tout, eux vivaient bien malgré leur idiotie... Bien sur cette façon de pensée de me rendait pas populaire mais qui s'en souciait ? Fallait-il vraiment mieux être populaire et se trahir que d'être quelqu'un que l'on comprenait et que l'on pouvaient aimer ? La réponse me paraissait évidente. Comme je ne cherchais pas à être aimé, j'avais une liberté presque total.

Oui. J'étais libre. Je vivais dans un petit studio, souvent seule, des fins de mois un peu juste mais je ne m'en plaignais pas car je l'avais choisie. J'allais où bon me semblait, apprenait car je l'avais choisie et surtout me battait pour ce en quoi j'avais foi, ce qui changeait tout. Même alors qu'un sombre idiot me retenait par le poignet après m'avoir voler, je restais libre. Ainsi, sans même cherché à me défaire de sa poigne, je lançai à mon agresseur, complétement détendue:

"Un voleur allant voir la police, je suis tellement fière de toi. Fais-moi plaisirs chouquette, laisse tomber ton numéro de gros dur et rend-moi mes affaires. Tu pourras rentrer te mettre au chaud et tu m'éviteras de perdre mon temps."
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